Join Us on Facebook Follow us on Twitter Add to Circles Subcribe to our RSS feeds

jeudi 9 juin 2016

Comment ne pas rater son pénalty ? Foot, statistiques et psychologie comportementale

Statistiques et psychologie comportementale. En cas de pénalty, comment le tireur doit se comporter afin d’augmenter ses chances de marquer ? Quid du gardien du but, comment doit-il réagir ? Où doit-il se placer pour accroitre sa bonne fortune et cueillir le ballon avant qu’il ne pénètre dans sa cage ? La sagesse populaire connait les réponses. Pour la première question: un tir dans la lucarne. Pour la seconde interrogation: ne reste pas de marbre, bouge et plonge fainéant. Deux solutions non optimales. 



Du point de vue du tireur. Au niveau professionnel, 85 % des pénaltys sont marqués. "Une fois que le ballon est propulsé du bout de votre chaussure, il se dirigera vers le gardien de but à 130 km/h. Une vitesse pareille empêchera le gardien d’attendre pour voir la direction prise par le ballon, il faudra qu’il devine et qu’il plonge là où il pense que la ballon ira. Si le gardien se trompe, vous passez à environ 90 % de chances de réussite," expliquent Steven Levitt et Stephen Dubner dans leur ouvrage “Pensez comme un Freak !
Effectivement, le meilleur tir que vous puissiez réaliser est de viser en plein dans la lucarne. Sauf que la moindre petite déviation, et c’est le fiasco. 
Etant donné que "dans 57 % des cas, le goal plongera vers la lucarne gauche, et dans 41 % des cas, vers la droite," dans quelle direction doit tirer le footballeur ? La réponse, contre-intuitive, est ni à droite, ni à gauche.
"Comparé à un tir dans la lucarne, il y a 7 % de chances en plus qu’un tir au milieu, aussi risqué qu’il puisse paraître, soit marqué." Plus précisément, les shoots au centre rencontrent un succès de, environ, 87 % comparés au, environ, 83% des tirs réussis dans la lucarne.
Pourtant, seulement 17 % des penalties sont tirés au milieu. Pourquoi ? 
  • Viser le gardien n’est pas naturel. Ce n'est pas la norme, ce qu'on attend de lui. Un pénalty, c'est direct dans la lucarne. 
  • Si le tireur vise toujours au milieu, le goal s’adaptera au fil du temps, et restera sur place. (Sauf que la norme, pour le gardien, est qu'il doit être dans l'action.)
  • Intérêt particulier / Intérêt général. La peur de la honte. "Vous voulez marquer le but pour que votre équipe gagne. Si c’est le cas, les statistiques montrent clairement que vous devriez tirer en plein milieu. Mais votre incitation réelle est-elle bien de gagner le match ?" "Si vous suivez une incitation égoiste, protéger votre propre réputation en ne faisant pas potentiellement quelque chose d’idiot, il est plus probable que vous visiez la lucarne. Si vous suivez l’incitation communautaire tenter de gagner le match pour votre pays, même si vous risquez de passer personnellement pour un idiot, vous viserez le milieu."

Du point de vue du goal. Songez maintenant aux gardiens de but des équipes de football professionnel et à leurs stratégies de défense pendant les redoutés penalties. Selon une étude datée du 25 janvier 2007 et menée par Michael Bar-Eli - "Action bias among elite soccer goalkeepers: The case of penalty kicks" Michael Bar-Eli, Ofer H. Azar,Ilana Ritov, Yael Keidar-Levin, Galit Schein- dans 93.7 % des cas, le goal plonge soit à droite, soit à gauche. Et dans 40 % des cas, Hallelujah, sa prédiction s’avérera exacte, mais il n’arrêtera qu’entre 25 et 30 % des tirs. En outre, si le gardien de but reste au centre et que le tireur vise le centre, dans 60 % des cas il le stoppera. 
La conclusion de Bar-Eli et de son équipe, suite au visionnage de centaines de vidéos de penalties, est que, si le gardien reste au centre du but au lieu de bondir, au hasard, à droite ou à gauche, alors ses chances d’arrêter le ballon sont de 33,3 % (au lieu de 13%). 
Pourtant, les gardiens de buts ne restent au centre que dans 6.3% du temps. 
Une aversion pour l’inaction, un biais en faveur de l’action. Pourquoi ? Parce que manquer le ballon en plongeant, même dans la mauvaise direction, est toujours mieux vu et mieux ressenti que de moisir sur place en regardant le ballon venir.

D’ailleurs, nombre d’employés, de dirigeants, lorsqu’ils sont confrontés à un problème réagissent par l’action. En travaillant plus ardemment, plus longtemps, et en se mettant davantage de pression. Car règne cette croyance: Faire quelque chose au lieu de ne rien faire est toujours préférable, "même si c’est contre productif et qu’il vaudrait mieux ne rien faire." En cause "l’épuisement", et le "manque de recul de réflexion", disposent Francesca Gino et Bradley Staats dans leur article "Pourquoi les organisations n’apprennent pas"(Harvard Business Review Juin/Juillet 2016). En guise d’illustration, une étude a été menée par Gino et Staats, "au sein d’un centre d’appels de l’assistance technique de la société indienne Wipro, multinationale de l’informatique, du conseil et de la sous-traitance. Nous avons observé les salariés pendant leurs premières semaines de formation. Tous suivaient la même formation technique, à une différence essentielle près. Du sixième au seizième jour du cycle, certains travailleurs consacraient les 15 dernières minutes de chaque journée à réfléchir à ce qu’ils avaient appris ce jour-là et à le coucher par écrit. Les autres - le groupe de contrôle - poursuivaient leur travail pendant 15 minutes de plus. Lors de l’examen final à la fin du mois de formation, ceux à qui l’on avait laissé du temps pour réfléchir réussissaient en moyenne 20% mieux que ceux du groupe de contrôle. Nous avons conduit plusieurs études en laboratoire sur des étudiants et des personnes employées par différentes organisations: elles ont produit des résultats analogues.

En conclusion, ne pas être constamment dans l’action est productif à long-terme. Ménagez-vous des pauses dans votre journée, prenez du temps pour réfléchir, incitez à la réflexion après l’action. Et pour votre prochain pénalty - que vous soyez dans la peau du tireur ou du goal - à vous de choisir: souhaitez-vous rester dans la norme ?

Sources, deux études, pour ce billet de blog: 
- "Action bias among elite soccer goalkeepers: The case of penalty kicks", Michael Bar-Eli, Ofer H. Azar, Ilana Ritov , Yael Keidar-Levin , Galit Schein
- "Testing Mixed-Strategy Equilibria when players are heterogeneous: The case of penalty kicks in Soccer", Pierre-André Chiappori, Steven D. Levitt, Timothy Groseclose
-> De ces études, des chiffres qui montrent des mêmes tendances, sans pour autant émettre des statistiques similaires.
" How to Take Penalties: Freakonomics explain"


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Floating Facebook Widget