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mardi 1 avril 2014

Ni dieu ni maitre et Economix, deux bons romans graphiques

« Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête, » Gandhi

« Ni dieu ni maître », et « Economix », deux récits, deux romans graphiques. L’un s’attache à narrer l’histoire d’un irréductible républicain, viscéralement attaché à la liberté. L’autre explique de manière didactique et humoristique la « science obscure » de l’économie: « Nous sommes citoyens d’une démocratie. La plupart des sujets à propos desquels nous votons relèvent de l’économie. C’est de notre responsabilité de comprendre ce pour quoi nous votons, » commente Michael Goodwin, le narrateur et l’un des auteurs d'Economix.


«  Les couches laborieuses sont encore sous la botte des conservateurs et de la pétraille; il faut rendre compte de ce qu’est la république ! La liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas des vains mots ! La lumière doit se faire dans les moindres hameaux. La majorité acquise par la terreur ou le bâillon n’est pas une majorité de citoyens, mais une majorité d’esclaves ! Demander un vote à des populations asservies c’est le quémander directement à ses maîtres ! »

« J’avais 17 ans, lorsque j’ai appris à haïr cette société, » explique Auguste Blanqui à un journaliste, Aurélien Marcadet. Nous sommes en 1877. Surnommé, tantôt le vieux, tantôt l’Enfermé, Louis-Augsute Blanqui est né à Paris le 8 février 1805, d’une famille bourgeoise: « Que je sache, un homme n’est pas condamné à porter un rang qu’il n’a pas choisi. Qu’ils sont médiocres les petits esprits qui jugent une vie par sa racine, et non par le chemin qu’elle prend. Et ma vie peut témoigner que, toujours, mon cœur s’est battu au sein du prolétariat. » Révolutionnaire républicain socialiste français, il prône la révolution par la violence et sera l’instigateur de nombreuses tentatives insurrectionnelles: « Si l’esclavage n’existe plus en droit, il subsiste en fait (...) Nos cris isolés se perdraient dans le tumulte de la société, mais unis, ils formeront une grande voix qui fera taire ces charmeurs de la tyrannie. Rallions-nous à la devise immortelle: liberté ! Nous la voulons et nous l’aurons ! », s'exclame-t-il, avant de rajouter: « Tout ignorant est un serf ou un instrument de la servitude. L’instrument de la délivrance n’est pas le bras, mais le cerveau ! Le plan de crétinisation universelle s’accomplit sans relâche ! S’agit-il d’imposer le communisme a priori ? Nullement. On se borne à prédire qu’il sera le résultat infaillible de l’instruction généralisée. Loin de s’imposer par décret, il doit attendre son avènement des libres résolutions du pays. Les ténèbres ne se dissipent pas en 24 heures ! Mais il faudra déclarer que nul ne pourra jamais être forcé de s’adjoindre à une association quelconque et que s’il rentre, ce sera toujours de sa pleine et libre volonté. » Son indignation et son insubordination le conduiront en prison pendant plus de 43 ans, sur les 75 ans qu’il vécut. Blanqui, qui se plaisait à dire: « Agissez par vous-mêmes. N’écoutez jamais les vieux. Je suis moi-même un vieux, aussi ne m’écoutez pas quand je vous dirai des choses contraires à vos aspirations, » est surtout le créateur de la célèbre formule: « Ni dieu ni maître, » qui n’est d’autre que le nom du dernier journal créé par l’Enfermé, un an avant sa mort.


Éditées chez « Casterman, »  les 208 pages de « Ni dieu ni maître, l’Enfermé », se dévorent. Une passionnante biographie servie par de magnifiques dessins qui subliment l’éloquence du narrateur: Blanqui. Un protagoniste méconnu de l’histoire française, et qui mérite d’être exhumé, tout en se rappelant ces mots de Gandhi, en ce qui concerne l’action violente: « En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur. »

« La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, » (Lincoln). Sauf que, comme le remarque Michael Goodwin: « La plupart des sujets à propos desquels nous votons relèvent de l’économie, » or, qui peut prétendre, de nos jours, maîtriser cette discipline ? Récession, inflation, libéralisation, crise des subprimes, micro-économie, macro-économie, etc ? Vous connaissez Adam Smith ? Oui, c’est le type de la “ main invisible “, un concept capitaliste, non ? Certes, mais pas seulement…Et Keynes ? Et Malthus ? Et Ricardo ? Vous connaissez le système de Bretton-Woods, qui portait portait au pinacle une finance bien régulée et transparente ? Portait, c'était avant la dé régularisation...
Stop !, s’écrie le néophyte, noyé dans un charabia qui peut vite lui donner de graves indigestions mentales, au point de lui esquinter un neurone face à chaque nouveau épisode dans le monde obscur de l’économie et de la finance. « C’est de notre responsabilité de comprendre ce pour quoi nous votons, » renchéri Goodwin.


Economix, édité chez « Les Arénes peut devenir votre roman graphique de chevet. Drôle, il explique d’une façon aussi pédagogique que possible l’histoire de l’économie. La lecture est rendue aisée par les dessins qui l'accompagnent, et dont le but est de rendre moins indigeste la discipline, tout en mobilisant votre mémoire visuelle. « Mieux qu’une longue explication, un bon schéma, » s’évertuaient à me répéter certains de mes professeurs de lycée. 


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