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samedi 2 avril 2016

Comment devient-on écrivain, par Roald Dahl

"And above all, watch with glittering eyes the whole world around you because the greatest secrets are always hidden in the most unlikely places. Those who don't believe in magic will never find it," Roald Dahl.

Dans "Lucky Break", Roald Dahl - scénariste, auteur de romans et de nouvelles, qui s'adressent aussi bien aux enfants qu'aux adultes - s'interroge sur les qualités que doivent posséder un écrivain. Il en dénombre 7. Un travail d'introspection qui l'amène à revenir sur comment, lui même, est devenu un Homme de lettres. Comment devient-on un auteur ? Quelles sont les qualités qu'il doit posséder ou acquérir ? Comment surviennent les idées ?


"Je conduisais seul sur une route de campagne", écrit Roald Dahl, "lorsqu'une idée sur une histoire m’est venue. Je n’avais pas de quoi écrire." Désemparé, ayant peur de l'oublier, Roald Dahl s’arrête, descends de sa voiture et remarque que son coffre est couvert de poussière. C’est alors qu’avec son index, il écrit ce mot "Elevator". "C’était assez. Dés que je suis rentré à la maison, j’ai couru jusqu’à ma pièce de travail et j’ai écrit cette idée dans un vieux cahier d’exercice rouge qui s’intitulait: Short Stories."

Pour Dahl, tout commence par une intrigue, par quelques mots gribouillés sur un papier, un carnet, un coffre de voiture, qu’importe. "L’intrigue est comme un rêve", évanescent, et ne pas la coucher immédiatement sur du papier comporte ce risque de l’oublier, à jamais.

"To me, the most important and difficult thing about writing fiction is to find the plot. Good original plats are very hard to come by. You never know when a lovely idea is going to flit suddenly into your mind, but by golly, when it does come along, you grab it with both hands and hang on to it tight. The trick is to write it down at once, otherwise you’ll forget it. A good plot is like a dream. If you don’t write down your dream on paper the moment you wake up, the chances are you’ll forget it and it’ll be gone for ever. So when an idea for a story comes popping into my mind, I rush for a pencil, a crayon, a lipstick, anything that will write, and scribble a few words that will later remind me of the idea."

L'intrigue initiale de Charlie et la Chocolaterie - R.Dahl

Puis Roald Dahl s’isole. Confortablement assis devant son bureau, il développe son idée. Il écrit, il rature, encore et toujours. Il se laisse envahir par cette intrigue. Autour de lui, plus rien n’existe. Il n’est plus devant son bureau, ni dans sa maison. Il est dans un autre monde, celui de la fiction, de sa fiction. Il n'est plus Roald Dahl, il est Mister Fox, il est Willy Wonka, et il décrit ce qu’il voit, ce qu'il sent et ce qu’il ressent. Petit à petit, une histoire nait. Ni Dahl, ni Mister Fox, ni Willy Wonka n’en connaissent le dénouement. Néanmoins, il viendra.

"The story builds and expands while you are writing it. All the best stuff comes at the desk. But you can’t even start to write that story unless you have the beginnings of a plot. Without my little notebook, I would be quite helpless."

Outre son "story ideas", ce petit carnet de 98 pages, toutes noircies d'idées, Dahl explique que tout aspirant au titre d'écrivain de fiction doit posséder, ou acquérir, sept qualités: Une imagination fertile, Une bonne plume - ou plutôt cette faculté de nourrir l'imagination des lecteurs et leur faire imaginer une scène, De la persévérance - ne jamais se décourager, Etre perfectionniste - ne jamais être pleinement satisfait de ses papiers avant de les avoir écrit et réécrit, Une discipline de fer - le travail d'écrivain est un travail solitaire et personne n'est là pour vous booster en cas de relâchement, Avoir un sens de l'humour, Etre humble.

"1- You should have a lively imagination
2- You should be able to write well. By that I mean you should be able to make a scene come alive in the reader’s mind. Not everybody has this ability. It is a gift, and you either have it or you don’t
3- You must have stamina. In other words, you must be able to stick  to what you are doing and never give up, for hour after hour, day after day, week after week and month after month
4- You must be a perfectionist. That means you must never be satisfied with what you have written until you have rewritten it again and again, making it as good you possibly can.
5- You must have a strong self-discipline. You are working alone. No one is employing you. No one is around to give you the sack if you don’t turn up for work, or to tick you off if you start slacking.
6- It helps a lot if you have a keen sense of humour. This is not essential when writing for grown-ups, but for children, it’s vital.
7- You must have a degree of humility. The writer who thinks that his work is marvellous is heading for trouble."

Pourtant, rien ne prédestinait Roald Dahl à devenir un Homme de lettres. En témoigne les remarques de ses professeurs qui, tout au long de sa scolarité, n’ont eu de cesse que de constater sa médiocre qualité d’écriture. Une plume hésitante, incompréhensible, un manque flagrant de vocabulaires.
  • Summer Term, 1930 (aged 14). English composition. “I have never met a boy who is persistently writes the exact opposite of what he means. He seems incapable of marshalling his thougts on paper.
  • Easter Term, 1931 (aged 15). English composition.A persistent muddler. Vacabulary negligible, sentences malconstructed. He reminds me of a camel.
  • Summer Term, 1932 (aged 16). English composition.  “This boy is an indolent and illiterate member of class.
  • Autumn Term, 1932 (aged 17). English composition.Consistently idle. Ideas limited. He must correct the blemishes on this sheet."
En janvier 1942, après quelques années à combattre les allemands en tant que pilote de chasse, Dahl - âgé de 26 ans - est envoyé à Washington D.C., comme "Assistant Air Attaché".
Là-bas, il rencontrera l’écrivain C. S. Forrester, dont la mission était d’écrire des articles de guerre pour le "Saturday Evening Post".
Forrester invita Dahl à dinner, afin que ce dernier puisse lui conter son expérience en tant que pilote d'avion, ses souvenirs, ses histoires de missions. C’est pendant ce repas que Dahl proposa à Forrester de lui écrire, factuellement, ses idées: "You musn’t expect it to be any goo. I’ll just put down the facts," précisa-t-il à Forrester, qui n'est d'autre qu'un auteur que Roald Dahl admire.
Après ce repas, sans interruption et pendant 5 heures, Roald Dahl coucha tous ses souvenirs sur du papier. Un travail qu’il n’avait, alors, jamais tenté. "Juste pour le fun, quand j’eu terminé, je donnais à mon papier un titre: A piece of cake"

La réponse de Forrester ne tarda pas à venir. Une missive aussi inattendue qu'inespérée et qui changea, pour toujours, la vie de Roald Dahl. Quelques mots qui scelleront son destin.
"Dear RD, You were meant to give me notes, not a finished story (...) Your piece is marvellous. It is the work of a gifted writer. I didn’t touch a word of it. I sent it at once under your name to my agent.

Deviens qui tu es ! De cette rencontre avec Forrester, Roald Dahl empocha 90 dollars, et trouva un sens à sa vie. Sa vocation. Celle d’écrivain.

"Parfois, les mystères sont plus excitants que les explications (...) Et, surtout, ayez les yeux ouverts sur le monde entier, car les plus grands secrets se trouvent toujours aux endroits les plus inattendus. Ceux qui ne croient pas à la magie ne la trouveront jamais," Roald Dahl.

Source: "The wonderful story of Henry Sugar, and six more", Roald Dahl. Et plus exactement "Lucky Break", dans ce même ouvrage.


Quelques intrigues - Roald Dahl

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