Apprentissage, soumission et adaptation: danger et folie

Une poussière de pensée et une question. Ne pas s’adapter au Monde ou s’y adapter pleinement, où réside la folie ? Où réside le génie ? Où réside le danger ? Et un danger pour qui, pour quoi ? Ne jamais rien dire de déplacé, ne jamais rien faire de choquant, d’énigmatique, d’étrange: suivre et être dans le groupe. Toujours énoncer ce qu’on pense, faire ce que l’on désire, être à la marge, en décalé, en dehors des clous: ne pas suivre et être individualiste. 

Depuis l’enfance on nous apprend la soumission à la raison, à la sagesse, aux normes (aux autres ?). Devenir des gens respectueux, convenables et convenus. On nous fait miroiter une vision manichéenne du Monde, de la vie en société: il y a le bien faire et le mal faire. 

S’oublier, se quitter soi-même. Renoncer à notre insouciance, à nos émotions, à notre vie dans le présent, dans l’ici et le maintenant. Renoncer à exprimer sans filtres nos pensées, à nous exprimer pleinement, à nous écouter, à être ce que l’on souhaite devenir. Le renoncement serait-il le fruit de notre apprentissage ?
Une société se construit sur le renoncement des individus à leur singularité. Pour qu’il y ait société, il faut avant de la norme. D’où le malaise: les individus sentent bien que cette norme triomphe au mépris de leurs singularités (Freud, Malaise de la civilisation). 
 
Consciemment et inconsciemment, c’est dans l’air: on nous forge, on nous forme, on nous conditionne. On découpe notre temps: un temps pour étudier, pour manger, pour dormir. On nous montre un chemin. On nous balise des itinéraires. On cadre nos décisions. On charge notre sac à dos: la vie est complexe, imprévisible et incertaine ; prémuni toi, au cas où.
Au cas où quoi ? Lourd fardeau que représente ce sac à dos que nous vidons au fur et à mesure de notre progression dans la vie, au fur et à mesure que nous nous affranchissons de tout ce qui est accessoire, de tout ce qui est anecdote, de tout ce qui est futile, pas indispensable. 

Tout le long de notre chemin de vie, on se décharge du superflu, des devoirs sociaux, personnels et professionnels. On vieillit, on a donné, on souhaite ne plus trop se prendre la tête, réfléchir. On se moque du qu’en-dira-t-on. On ose libérer notre parole, exprimer notre seconde jeunesse. Revenir vers soi-même, retourner à un essentiel. La vie est sans doute complexe et surement impossible à comprendre, mais tellement simple à vivre. Respirer, manger, dormir...Quand ? Quand le besoin s’en fait sentir. Quand l’existence se sent menacée. 

Une danse: vivre ensemble, un temps ; et vivre pour soi, un autre temps. Se déplacer dans LE cadre: et s'adapter pleinement. Se déplacer dans son cadre: et laisser souffler un vent de révolte. Vivre en harmonie dans le groupe, et vivre en harmonie avec son âme. Un mouvement, un jeu, qui ouvre des opportunités. Un non statu quo, une impermanence, des changements perpétuels, une évolution constante, existe-t-il un réel danger ? 
Soyons des fous, mais par intermittence ! 

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